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Critique de la société inclusive PDF Imprimer Envoyer
Par Mustapha Saha   
Vendredi, 26 Juillet 2013 14:19

Il faut, tout d’abord, rappeler l’origine étymologique du mot inclusion, du latin inclusio, qui signifie, ni plus ni moins, « emprisonnement »,« enfermement ». La théorie d’inclusion sociale a été développée dans les pays anglo-saxons pour récupérer, dans les minorités ethniques, les enfants surdoués comme serviteurs gratifiés des élites dirigeantes.


La notion d’inclusion sociale a été théorisée par le sociologue allemand Niklas Luhmann (1), dans le cadre des rapports entre individus et système social établi, entre singularités subjectives et structure culturelle cloisonnée, d’où il ressort que les résidents, venus d’ailleurs, les immigrés, doivent s’acculturer, se dépersonnaliser et se couler dans le moule dominant de la société d’accueil. Les critères de cette sélection sociale sont suffisamment éloquents : aisance matérielle, opportunités de développement humain, implication dans des projets reproducteurs de l’ordre établi.

La société inclusive, paradigme illusoire, est un non-sens sociologique et une aberration politique. La société française n’est pas communautariste, contrairement aux sociétés anglo-saxonnes où la ségrégation raciale a creusé son nid, où s’est développée la notion d’inclusion sociale, parallèlement à la discrimination positive, qui a montré, au fur et à mesure de sa mise en pratique, ses effets pervers. Les principes d’égalité, de laïcité, de solidarité, qui fondent la République française, sont aux antipodes de cette approche élitaire. Ces principes, gravés dans le marbre constitutionnel, consacrent, à l’inverse, la société diversitaire, une et indivisible dans sa pluralité.
© Mustapha Saha
(1) Niklas Luhmann : systèmes sociaux : esquisse d’une théorie générale, Presses Universitaires de Laval, 2010.
 




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